Impossible de m'asseoir sans ressentir des douleurs atroces

Damien

Posted 2019-09-15

Bonjour à toutes et à tous,

Mi-avril 2019, j'ai eu un accident de scooter en me rendant à mon travail. C'est arrivé bêtement en glissant dans un rond-point dont la chaussée était imbibée de fioul. Dans mon malheur j'ai eu de la chance car il était tôt et qu'il n'y avait pas d'autres véhicules : avec la circulation qu'il y a en journée à cet endroit, j'aurais pu me faire rouler dessus en prime si ça m'était arrivé ne serait-ce qu'une heure plus tard. Bref, je m'en suis sorti avec "seulement" une fracture du coccyx et une luxation postérieure de ce dernier.

Avec ça, impossible de m'asseoir "normalement" sans ressentir des douleurs atroces. Travaillant dans l'informatique donc assis quasiment en permanence, j'ai donc été mis en arrêt de travail. Je pensais que ça durerait quelques jours, 2 à 3 semaines tout au plus. Erreur...

Voyant que les douleurs ne s'estompaient pas d'elles-mêmes, je suis allé voir une première ostéopathe. Celle-ci, via des manipulations "externes" m'a très légèrement soulagé à la première séance mais les douleurs sont revenues. La seconde séance n'a rien apporté. Ladite ostéo m'a alors conseillé de consulter une cons?ur qui, pour ce genre de pathologie, utilisait des manipulations "internes" (le doigt dans l'anus pour faire simple). Là-encore, si la première séance m'a légèrement et momentanément soulagé, la seconde séance l'a rien donné.

J'ai donc décidé de passer à l'étape suivante en allant consulter un rhumatologue connu pour être LE spécialiste du coccyx : le docteur Jean-Yves MAIGNE déjà cité dans d'autres commentaires (voir Doctors and specialists in France). Je suis allé le voir à son cabinet et, après un rapide examen et une étude des radios déjà en ma possession, celui-ci m'a expliqué le protocole qu'il appliquait dans ce genre de situation : on commence par une infiltration qui, dans certains cas, peut s'avérer suffisante pour soigner définitivement les douleurs. Dans le cas où les douleurs reviennent au bout de quelques mois, une seconde infiltration peut être envisagée. En revanche, si la première infiltration se révèle inefficace (au bout d'environ 3 semaines), il est préférable de songer à l'opération...

Dans mon cas l'infiltration pratiquée début juillet n'a rien donné. Le docteur MAIGNE m'a donc adressé au chirurgien avec lequel il travaille dans ce genre de cas : le docteur Frédéric JACQUOT, que j'ai vu début août. Après m'avoir tout expliqué (notamment les suites qui ne sont pas anodines ainsi que les risques), nous avons convenu de planifier l'opération pour son retour de congés, à la clinique du Mont-Louis (Paris 11ème) : hospitalisation le lundi 26 août, intervention le lendemain, sortie le samedi.

A noter que le docteur JACQUOT opère également à l'hôpital Saint-Antoine (tarif conventionné alors qu'à la clinique il y a un dépassement conséquent) mais j'ai choisi la clinique de peur de subir, en cette période de grèves dans les hôpitaux, des reports de l'opération...

L'intervention s'est déroulée comme prévu et sans problème : coccygectomie (ablation du coccyx) avec sacrectomie distale (rabotage du sacrum pour ne pas laisser des bords saillants, de ce que j'ai compris) avec en prime l'excision du ganglion Impar (là je n'ai pas plus d'info). Quant aux suites : pansement à changer tous les 3 ou 4 jours jusqu'à J+10, interdiction absolue de s'asseoir pendant le premier mois, arrêt de travail de 3 mois - donc reprise début décembre -, disparition des douleurs sous 4 à 12 mois (sachant que chez environ 5% des patients, des douleurs résiduelles peuvent subsister à vie).

J'en suis aujourd'hui même à J+15, le pansement a été retiré avant-hier et j'ai enfin pu me doucher (youpi !). S'agissant des douleurs, elles sont infimes dans la zone concernée. En revanche je souffre du dos mais c'est normal puisque je passe beaucoup de temps debout. Et quand je passe trop de temps allongé (sur le côté principalement), ce sont les hanches qui me font souffrir. Rien d'insupportable, ça passe avec du co-dafalgan, d'ailleurs j'en prends moins que ce qui m'a été prescrit.

Je dors principalement sur le côté ou sur le ventre, mais il m'arrive également de passer un peu de temps sur le dos en mettant un coussin sous le bassin pour que la zone opérée ne soit pas au contact. Quant au passage aux toilettes, je m'assois (légèrement penché vers l'avant) les quelques minutes nécessaires mais la zone coccygienne n'étant pas en appui, ça ne déclenche pas de douleurs.

J'arrive à marcher normalement (même marche rapide), me pencher en avant, me baisser, m'agenouiller sans problème. Seule la position assise semble encore très douloureuse : même si je ne l'ai pas encore tentée, je le sens lorsque je m'allonge et/ou que je change de position en ne prenant pas toutes les précautions nécessaires.

Voilà, j'espère que les prochaines semaines vont passer rapidement car j'ai hâte de m'asseoir à nouveau ! Si j'en ai l'occasion, je repasserais d'ici quelques mois pour vous faire part de l'évolution.

J'espère que ce témoignage supplémentaire aidera à convaincre les réticent(e)s à consulter. La douleur n'est pas une fatalité.

Bonne continuation.

Damien.

La bonne surprise : vu le tarif de la chambre individuelle (120€/jour), j'avais opté pour l'hospitalisation en chambre double. Lorsque je suis arrivé dans la chambre, j'ai eu la surprise d'avoir été "surclassé" : chambre individuelle et avec un grand lit ! En fait, c'est visiblement le cas de tous les patients du docteur JACQUOT qui viennent subir une coccygectomie dans cette clinique...

La mauvaise surprise : le retour à la maison en ambulance : voyager 1 heure sur le ventre avec un Fangio au volant c'est assez déplaisant car ce "massage" involontaire du ventre active le transit qui avait été mis au repos pendant plusieurs jours. Il a fallu faire une escale d'urgence dans les toilettes d'un KFC sinon je repeignais l'intérieur de l'ambulance ! J'en rigole maintenant mais sur le moment j'étais très mal...